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Cahier des clauses techniques particulières (CCTP)

Cahier des clauses techniques particulières (CCTP)

Le Cahier des Clauses Techniques Particulières, ou CCTP, décrit les exigences techniques d’un marché public ou privé. Il précise les travaux, les fournitures ou les services attendus.

Pour votre entreprise, le CCTP permet d’abord de comprendre ce que vous devez chiffrer. Il indique notamment les matériaux prescrits, les performances attendues, les normes applicables, les conditions d’exécution, les contrôles et les documents à remettre.

L’acheteur public, ses services techniques, le maître d’œuvre, un bureau d’études ou une assistance à maîtrise d’ouvrage peuvent le rédiger. Il fait partie du DCE téléchargé par l’entreprise.

Le CCTP concerne les marchés de travaux, de fournitures et de services. Lorsqu’ils sont prévus par le marché, le CCTP et le CCAP complètent le CCTG et le CCAG.

Comment lire efficacement un CCTP avant de chiffrer

Le CCTP traduit le besoin de l’acheteur en spécifications techniques. Elles peuvent porter sur un matériau, une norme, une méthode, une performance ou un résultat à atteindre.

L’article 2 du CCAG-Travaux définit le CCTP comme un document contractuel qui « fixe les clauses techniques nécessaires à l’exécution des prestations du marché ».
L’article R2111-4 du Code de la commande publique précise que les spécifications techniques définissent les caractéristiques demandées pour les travaux, les fournitures ou les services faisant l’objet du marché public.

Commencez par vérifier le périmètre de la prestation. Une obligation peut figurer dans les prescriptions générales, dans le chapitre de votre lot, sur un plan ou dans une annexe. Le BPU, le DQE ou la DPGF ne reprennent pas toujours toutes les prestations demandées.

Avant de calculer votre prix, comparez le CCTP avec les plans, le CCAP et les documents financiers. Vérifiez les limites de prestations, les essais, les études, les délais et les livrables.

Le CCTP permet aussi de vérifier si l’offre respecte les exigences techniques minimales. Il peut aussi servir de référence pour évaluer la valeur technique lorsque les critères ou sous-critères annoncés le prévoient.

Lorsqu’il définit son besoin, l’acheteur doit prendre en compte les objectifs de développement durable dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale. Cette prise en compte peut se traduire dans le CCTP, le CCAP, les critères d’attribution ou d’autres pièces du marché.

Lorsque le marché ne justifie pas deux documents distincts, le CCAP et le CCTP peuvent être réunis dans un cahier des clauses particulières (CCP).

Les prescriptions techniques ont des limites

Les articles R2111-7 à R2111-11 du Code de la commande publique encadrent la rédaction des spécifications techniques. Ils évitent qu’un cahier des charges favorise sans justification une entreprise, une marque ou un produit. Ils permettent aussi aux candidats de proposer des solutions équivalentes.
Les dispositions concernées figurent dans les articles R2111-7 à R2111-11 relatifs à la formulation des spécifications techniques.

Marques, brevets, provenances et procédés

Le Code de la commande publique encadre les références à un procédé de fabrication, une provenance, une origine, une marque, un brevet ou un type de produit.

Cependant, cette référence est autorisée si elle est justifiée par l’objet du marché, ou dans des situations exceptionnelles où une description précise de l’objet du marché ne peut pas être réalisée sans elle, à condition d’inclure les termes "ou équivalent" (Article R2111-7).

Si une marque figure dans le CCTP, lisez toute la clause. Vérifiez si cette référence est justifiée et si l’acheteur accepte une solution équivalente.

Normes, performances et exigences fonctionnelles

L’article R2111-8 permet à l’acheteur de renvoyer à des normes ou à des documents équivalents. Il peut aussi définir les performances ou les exigences fonctionnelles attendues, ou combiner ces méthodes.

L’article R2111-10 impose une rédaction assez précise pour permettre aux candidats de comprendre l’objet du marché et de préparer leur offre. Les prescriptions doivent aussi permettre à l’acheteur de comparer les solutions proposées. Elles peuvent inclure des exigences environnementales ou sociales.

Selon l’article R2111-9, les normes et les documents cités doivent être accompagnés de la mention « ou équivalent ».

 L’ordre de priorité est le suivant :

  • les normes nationales qui transposent des normes européennes ;
  • les évaluations techniques européennes ;
  • les spécifications techniques communes ;
  • les normes internationales ;
  • les autres référentiels techniques établis par les organismes européens de normalisation.

À défaut, l’acheteur peut citer des normes nationales, des agréments techniques nationaux ou des spécifications techniques nationales portant sur la conception, le calcul, la réalisation d’ouvrages ou l’utilisation de fournitures. Un avis rattaché au Code précise la définition de ces normes et documents.

Vous pouvez prouver l’équivalence

L’article R2111-11 interdit à l’acheteur de rejeter une offre au seul motif qu’elle ne respecte pas exactement la norme ou le document cité.

Le candidat peut prouver, par tout moyen approprié, que sa solution répond de manière équivalente aux exigences demandées. Cette règle s’applique aussi lorsque le CCTP fixe des performances ou des exigences fonctionnelles.

Si vous proposez une solution équivalente, joignez les éléments qui permettront à l’acheteur de la comparer avec la prescription du marché.

Le prix dépend aussi des plans et des annexes

Le contenu du CCTP varie selon le marché. Il reprend généralement les éléments du programme et des études réalisées avant la consultation.

La présentation du marché peut préciser la localisation, la description de l’ouvrage, le contexte, les enjeux du maître d’ouvrage et les principales contraintes. Ces informations peuvent modifier vos méthodes, vos moyens et votre prix.

Le texte peut être complété par des plans de masse, d’ensemble ou de détail, des coupes, des façades, des schémas, des fiches techniques, des photographies ou un diagnostic de l’existant. Lisez ces documents avec le CCTP. Une prestation peut apparaître sur un plan sans être détaillée au même endroit dans les clauses écrites.

Dans les marchés de travaux, le document peut être organisé par lots ou corps d’état, par exemple le gros œuvre, la charpente, la couverture, l’électricité, le chauffage, la plomberie, les aménagements intérieurs, les ascenseurs ou les espaces verts.

Vérifiez les limites entre les lots. Identifiez qui fournit, pose, raccorde, réalise les réservations et remet en état après l’intervention. Certains marchés complexes comportent plusieurs dizaines de lots.

Chaque lot décrit ensuite les prestations à réaliser. Pour les enduits, les menuiseries, les équipements sanitaires ou tout autre poste, le CCTP peut préciser les produits, les matériaux, les normes, les essais, les conditions de mise en œuvre et les résultats attendus.

Le niveau de précision doit permettre aux entreprises de déterminer la nature et l’étendue du besoin et de préparer leur offre dans des conditions satisfaisantes.

Le CCTP peut aussi citer les règles parasismiques, la réglementation incendie, les normes acoustiques, les normes relatives aux produits et matériaux ou les DTU applicables à chaque lot.

Il peut renvoyer à des documents généraux, comme le CCTG ou le CCAG, sans les reproduire. Ces documents ne s’imposent au titulaire que s’ils font partie des pièces contractuelles.

Le planning peut fixer les dates de démarrage et de fin, le délai d’exécution et les principales étapes intermédiaires. Comparez ces délais avec les approvisionnements, les études, les validations et les essais.

Les contrôles et les documents à remettre doivent aussi être intégrés dans votre prix. Le marché peut exiger des plans, des notes de calcul, des procès-verbaux d’essais, un dossier des ouvrages exécutés ou les résultats des vérifications réalisées pendant le chantier.

Le CCTP peut enfin fixer les critères de réception et les conditions de levée des réserves.

Repérez les incohérences avant de répondre

Le CCTP doit être exploitable par les entreprises. Une clause vague, une exigence sans lien avec le besoin ou une contradiction entre les pièces peut fausser le chiffrage.

Comparez les matériaux, les quantités, les délais et les prestations décrites dans le CCTP avec le CCAP, les plans et les documents financiers. Une obligation technique peut être incluse dans une ligne de prix sans apparaître séparément dans le bordereau.

Le maître d’œuvre rédige souvent le CCTP. Les services techniques du maître d’ouvrage, un bureau d’études ou une assistance à maîtrise d’ouvrage peuvent aussi assurer cette mission.

Le rédacteur doit connaître le projet, ses contraintes, les normes applicables et les résultats attendus. Pour un marché de construction, le document est généralement préparé pendant la phase « Projet », après l’approbation des études d’avant-projet et l’obtention du permis de construire.

Une rédaction exploitable exige un besoin défini en amont, une organisation claire des prestations, des plans utiles et des références précises aux normes. Elle nécessite aussi une relecture des parties techniques et un contrôle de cohérence avec le CCAP et les documents financiers.

Après l’attribution, le CCTP reste opposable

Pendant la consultation, le CCTP vous aide à comprendre les attentes de l’acheteur, à évaluer les risques et à chiffrer les prestations.

Pendant l’analyse des offres, il sert à contrôler leur conformité, à comparer les solutions techniques et à examiner les variantes. Il permet aussi de repérer les réserves ou les prestations qu’un candidat n’a pas prévues.

Pendant l’exécution, il sert à contrôler les normes, les travaux, les prestations, les essais et les livrables. Lors de la réception, il permet de vérifier les caractéristiques et les performances demandées, puis d’établir et de lever les réserves.

Lorsqu’il fait partie des pièces contractuelles, le CCTP s’impose au titulaire. En cas de désaccord, il permet de déterminer ce que l’entreprise devait réaliser et si les prestations sont conformes.

Un manquement peut entraîner des pénalités ou, selon sa gravité et les conditions du contrat, la résiliation du marché.

Si des erreurs ou des lacunes du CCTP provoquent des malfaçons, la responsabilité du maître d’œuvre qui l’a rédigé peut être engagée. Des indemnités peuvent être dues. Sa responsabilité décennale peut aussi être mise en cause en cas de désordre majeur relevant de ce régime.

Les prescriptions techniques peuvent évoluer pendant l’exécution lorsque la modification du marché entre dans l’un des cas autorisés par le Code de la commande publique. La modification peut être formalisée par un avenant ou selon les autres modalités prévues par le contrat et la réglementation.

CCTP, CCTG et CCAP

Le Cahier des Clauses Techniques Générales, ou CCTG, contient des clauses techniques types applicables à une catégorie de marchés publics, par exemple dans le bâtiment, le génie civil ou les infrastructures.

Le CCTP est propre au marché. Il adapte et complète les clauses générales selon les prestations demandées.

Le CCAP traite les aspects administratifs et financiers, notamment les prix, les paiements, les pénalités, la réception, les garanties et les assurances. Le CCTP traite les prestations, les normes, les plans et les conditions techniques d’exécution.

Les deux documents doivent être cohérents. Une contradiction entre le CCTP et le CCAP peut créer des difficultés pendant l’exécution.

Sa place dans les marchés publics

Le CCTP n'est pas une pièce obligatoire des marchés publics soumis au Code de la commande publique, mais l’acheteur doit définir ses besoins.

Pour les procédures formalisées, comme l’appel d’offres ou la procédure concurrentielle avec négociation, le CCTP fait souvent partie du DCE avec le CCAP. Le Code n’impose toutefois pas ces intitulés ni l’existence de deux documents distincts.

L’acheteur communique les documents de la consultation au lancement de la procédure. Tous les candidats disposent ainsi des mêmes informations pour préparer leur offre.

Les offres doivent respecter les exigences du cahier des charges. Les clauses ne doivent pas limiter la concurrence ou avantager certains candidats sans justification. Les exigences techniques doivent rester liées à l’objet du marché et proportionnées au besoin.

Le contenu varie selon le marché

Construction neuve. Pour une crèche, le CCTP peut présenter la localisation, les contraintes du site et les enjeux pour la ville. Les lots peuvent concerner les terrassements, les fondations, les murs, les planchers, la charpente, la couverture, l’électricité, la plomberie, le chauffage, les aménagements intérieurs, la voirie et les espaces verts.

Rénovation énergétique. Le document peut décrire les objectifs énergétiques et les contraintes propres aux logements sociaux. Les prestations peuvent porter sur l’isolation thermique extérieure, les enduits, la peinture, les menuiseries, la ventilation et le chauffage.

Prestations intellectuelles. Pour une étude de faisabilité, le CCTP peut fixer le contexte, les objectifs, le périmètre, les données à recueillir, l’analyse de l’existant, les scénarios, les variantes, les recommandations, le chiffrage et le planning. Les livrables peuvent comprendre des rapports d’étape, un rapport final et une présentation de synthèse.

Fournitures informatiques. Le document peut préciser le processeur, la mémoire vive, le stockage, les quantités, le conditionnement, les écrans, les connectiques et les câbles. Les services associés peuvent comprendre la livraison, la mise en service, l’installation des logiciels et la reprise de l’ancien matériel.

Dans un marché de fournitures, le CCTP peut aussi prévoir la maintenance et le service après-vente. Dans un marché de services, il peut fixer les niveaux de qualité, les méthodes, les livrables et les responsabilités du titulaire.

Sources juridiques et définition du besoin

Article R2132-1 du Code de la commande publique

Créé par Décret n° 2018-1075 du 3 décembre 2018 - art.

Les documents de la consultation sont l’ensemble des documents fournis par l’acheteur ou auxquels il se réfère afin de définir son besoin et de décrire les modalités de la procédure de passation, y compris l’avis d’appel à la concurrence. Les informations fournies sont suffisamment précises pour permettre aux opérateurs économiques de déterminer la nature et l’étendue du besoin et de décider de demander ou non à participer à la procédure.

Article L2111-1 du Code de la commande publique

Version en vigueur depuis le 16 octobre 2025
Modifié par Ordonnance n°2025-979 du 14 octobre 2025 - art. 8

La nature et l'étendue des besoins à satisfaire sont déterminées avec précision avant le lancement de la consultation en prenant en compte des objectifs de développement durable dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale.

A ce titre, pour leurs marchés répondant à un besoin dont la valeur estimée hors taxe est égale ou supérieure aux seuils européens figurant dans un avis annexé au présent code, les acheteurs prennent en compte l'efficacité et la sobriété énergétiques.

Fiche DAJ 2019 - La définition des besoins

La définition du besoin est la clef d’un achat réussi.

L’obligation de définir précisément la nature et l’étendue des besoins, posée à l’article L2111-1 du code de la commande publique, est un moyen de respecter à la fois les grands principes et les objectifs de la commande publique énoncés à l’article L3 du code et dont la valeur constitutionnelle a été affirmée par le conseil constitutionnel dans sa décision n° 2003-473 DC du 26 juin 2003.

Une bonne évaluation des besoins et, par suite, une définition très précise de ceux-ci dans les documents de la consultation, avant d’être une exigence juridique, sont une condition pratique impérative pour que l’achat soit effectué dans les meilleures conditions.

La description précise du besoin en termes performanciels ou en référence à des spécifications techniques données est une condition nécessaire à la bonne compréhension, par les soumissionnaires, de l’objet et des caractéristiques du contrat. Elle leur permet de faire des offres les mieux à même de satisfaire les besoins de l’acheteur.

Une définition rigoureuse du besoin est également essentielle pour garantir la transparence et l’égalité de traitement entre candidats et assurer la bonne exécution du contrat par le titulaire. Elle est, en ce sens, la clef d’un achat réussi.

À titre d’exemples, l’objet du marché public ne saurait se réduire à la seule mention de « Prestations informatiques » lorsqu’il s’agit de prestations de tierce maintenance applicative d’un programme donné, ou de « Prestations de services juridiques » lorsqu’il s’agit d’un marché de représentation en justice.

Une définition précise des besoins par l’acheteur permet notamment de procéder à une estimation fiable du montant du marché public. Or, le choix de la procédure à mettre en œuvre est déterminé en fonction du montant et des caractéristiques des prestations à réaliser. C’est pourquoi, il apparaît indispensable de procéder, en amont, à une définition précise du besoin. De cette phase préalable essentielle dépend le choix de la procédure et la réussite ultérieure du marché public.

L’ensemble des éléments constitutifs du besoin de l’acheteur doit apparaître dans les documents de la consultation. Aussi, eu égard aux grands principes de la commande publique1, les éléments n’y figurant pas ne pourront, par suite, y être intégrés sans remettre en cause les conditions initiales de jeu de la concurrence.

[...]

Par « besoins » du pouvoir adjudicateur, on entend, non seulement, les besoins liés à son fonctionnement propre (ex : des achats de fournitures de bureaux, d’ordinateurs pour ses agents, de prestations d’assurance pour ses locaux, etc.) mais également les besoins liés à son activité d’intérêt général et qui le conduisent à fournir des prestations à des tiers (ex : marchés publics de formation et d’insertion, marchés publics de transport scolaire, etc.).

Pour être efficace, l’expression des besoins impose :

  • l’analyse des besoins fonctionnels des services sur la base, par exemple, d’états de consommation ;
  • la connaissance, aussi approfondie que possible, des marchés fournisseurs, qui peut s’appuyer par exemple, sur la participation de l’acheteur à des salons professionnels ou sur la documentation technique ou sur l’organisation d’un sourçage ;
  • la distinction, y compris au sein d’une même catégorie de biens ou d’équipements, entre achats standards et achats spécifiques ;
  • lorsqu’elle est possible, l’adoption d’une démarche en coût global prenant en compte, non seulement le prix à l’achat, mais aussi les coûts de fonctionnement et de maintenance associés à l’usage du bien ou de l’équipement acheté, voire des coûts liés à son élimination ou à son recyclage.

Source : Fiche DAJ 2019 - La définition des besoins.

Avant de déposer votre offre

Relisez le CCTP avec le CCAP, les plans, le BPU, le DQE et la DPGF. Vérifiez le périmètre, les normes, les délais, les contrôles et les documents à remettre.

Lorsqu’il fait partie des pièces contractuelles, le CCTP s’impose au titulaire. Ses clauses servent à contrôler les prestations pendant l’exécution et lors de la réception.

Une exigence doit être précise, proportionnée et liée à l’objet du marché. Une marque ou une norme citée peut laisser place à une solution équivalente, à condition d’en apporter la preuve.