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Dossier de consultation des entreprises (DCE) des appels d’offres publics

DCE Dossier de consultation des entreprises dans les marchés publics

Le dossier de consultation des entreprises (DCE) regroupe les documents mis à disposition des opérateurs économiques pour définir le besoin de l’acheteur, présenter les règles de la procédure et préparer une candidature ou une offre.

Une exigence mal comprise, une pièce négligée ou une contrainte financière mal évaluée peut fragiliser la réponse de l’entreprise.

L’analyse du DCE doit donc intervenir avant la rédaction du mémoire technique et avant le chiffrage.

Qu’est-ce qu’un DCE dans un marché public ?

L’article R2132-1 du code de la commande publique définit les documents de la consultation comme l’ensemble des documents fournis par l’acheteur ou auxquels il se réfère afin de définir son besoin et de décrire les modalités de la procédure de passation.

Ces informations doivent être suffisamment précises pour que les opérateurs économiques puissent comprendre la nature et l’étendue du besoin et décider s’ils souhaitent participer à la procédure.

La lecture du DCE doit notamment permettre de déterminer ce que demande l’acheteur, les prestations à exécuter, les règles de la consultation, les critères d’évaluation et les documents à remettre.

À retenir. Le DCE constitue la principale source d’information du candidat avant la préparation de son offre technique et financière.

Analyser le DCE avant de décider de répondre

L’analyse doit faire ressortir les exigences techniques, les contraintes administratives, les critères d’attribution, les délais et les conditions financières du marché.

Elle sert également à vérifier que l’entreprise dispose réellement des compétences, des moyens humains, des capacités financières et des références nécessaires pour exécuter les prestations.

Ces éléments alimentent la décision Go / No Go : répondre au marché, répondre sous certaines conditions ou renoncer lorsque les contraintes ou les risques sont disproportionnés.

Repérez dès cette phase les éléments susceptibles de rendre le marché difficile ou peu rentable comme délai très court, qualification particulière, contraintes techniques importantes ou conditions financières défavorables.

Quels documents peut contenir un DCE ?

La composition du dossier varie selon la nature du marché. Toutes les consultations ne comportent donc pas les mêmes pièces.

Parmi les documents les plus fréquents figurent :

  • le règlement de la consultation (RC), qui présente notamment les règles de la procédure, les documents à remettre, la date limite de réponse et les critères d’attribution ;
  • l’avis de marché, qui présente l’objet de la consultation, les lots et les principales caractéristiques du besoin ;
  • l’acte d’engagement, qui formalise notamment l’offre du soumissionnaire ;
  • le CCAP, qui fixe les clauses administratives particulières du marché ;
  • le CCTP, qui décrit les exigences techniques et les prestations à réaliser ;
  • le BPU et le DQE pour les prestations rémunérées sur la base de prix unitaires ;
  • la DPGF pour détailler un prix global et forfaitaire ;
  • le cadre de mémoire technique lorsque l’acheteur impose ou propose une structure de réponse ;
  • les plans, schémas, études, diagnostics et autres annexes techniques.

Le DCE peut aussi contenir des formulaires administratifs préremplis, tels que le DC1, le DC2, le DC4 ou le formulaire ATTRI1.

Attention. Une pièce apparemment secondaire ne doit pas être écartée sans examen. Une annexe, un plan ou une étude technique peut contenir une exigence ayant une incidence directe sur le prix ou l’organisation de la prestation.

Les documents techniques complémentaires

Les annexes techniques sont parfois indispensables pour comprendre le besoin réel. Selon le marché, il peut s’agir de plans, de schémas, d’études préalables, de données géotechniques, de normes applicables, de contraintes environnementales ou de niveaux de performance à atteindre.

Certains marchés prévoient également la fourniture d’échantillons, de maquettes ou de prototypes.

Lorsqu’une pièce annoncée dans le règlement de consultation n’est pas disponible, il est préférable de le signaler rapidement à l’acheteur afin d’obtenir le document ou une précision.

Les principaux points de vigilance

Dès la première lecture, recherchez les éléments susceptibles d’influencer la faisabilité ou la rentabilité de la réponse : définition du besoin, délais, niveau d’exigence technique, conditions financières, allotissement, critères d’attribution, variantes, certifications et qualifications éventuellement demandées.

Un besoin insuffisamment défini, des délais particulièrement courts ou des exigences difficiles à satisfaire peuvent modifier la décision de candidater.

Regroupez ces points sensibles dans une liste distincte. Elle servira ensuite à décider si l’entreprise dispose réellement des moyens nécessaires pour répondre dans de bonnes conditions.

Comment analyser un DCE en 6 étapes ?

Étape 1 : Récupérer tous les documents

Téléchargez l’intégralité du dossier depuis le profil d’acheteur, puis comparez les fichiers disponibles avec la liste des pièces prévue dans le règlement de consultation.

Lorsqu’un document annoncé manque au dossier, demandez-le à l’acheteur suffisamment tôt pour ne pas retarder l’analyse.

Les documents de la consultation sont gratuitement mis à disposition des opérateurs économiques dans les conditions prévues par le code de la commande publique.

Étape 2 : Effectuer une première lecture globale

Ne commencez pas immédiatement à compléter les formulaires ou à établir les prix. Une première lecture de l’ensemble du dossier doit permettre de comprendre la logique du marché, les prestations demandées, les principales contraintes et le calendrier.

Cette vue d’ensemble facilite ensuite l’analyse détaillée de chaque pièce.

Étape 3 : Repérer les informations importantes

Lors de la seconde lecture, relevez les dates, exigences techniques, obligations administratives et contraintes particulières.

Une attention spécifique doit être portée à la date limite de remise des offres, à la date limite pour poser des questions, aux éventuelles visites obligatoires et aux modalités de transmission des documents.

Étape 4 : Analyser les conditions de candidature et les critères d’attribution

Commencez par les exigences de candidature. L’acheteur peut demander certaines capacités économiques, financières, techniques ou professionnelles.

Examinez ensuite les critères d’évaluation des offres. Ils déterminent la manière dont la proposition sera comparée à celles des autres candidats.

Le prix n’est pas nécessairement le seul élément déterminant. La valeur technique, les délais, la méthodologie ou d’autres critères peuvent également peser dans l’évaluation.

Utilisez les critères d’attribution comme fil conducteur du mémoire technique. La réponse doit permettre à l’acheteur d’identifier facilement les éléments correspondant aux points qu’il évalue.

Étape 5 : Vérifier la capacité réelle de l’entreprise

Confrontez les exigences du marché aux moyens réellement disponibles.

Distinguez les prestations maîtrisées directement de celles qui pourraient nécessiter un sous-traitant ou un groupement d’entreprises.

Cette analyse doit également porter sur les ressources humaines, les équipements disponibles, la charge de travail et la capacité à respecter le calendrier prévu.

Étape 6 : Construire le prix

Le chiffrage commence une fois le besoin suffisamment compris.

Intégrez les prestations prévues dans le CCTP, les plans, les annexes ainsi que les clauses administratives susceptibles d’avoir une incidence financière.

Avant de finaliser l’offre, contrôlez les quantités, les marges et les coûts indirects.

Attention. Les prix à zéro peuvent créer des difficultés d’interprétation. Lorsqu’une prestation est comprise dans un autre poste, le chiffrage doit néanmoins rester compréhensible et cohérent.

Questions et demandes de précisions à l’acheteur

Une consultation peut comporter une ambiguïté, une contradiction ou une information insuffisante. La fonction de questions-réponses disponible sur le profil d’acheteur sert alors à demander une précision.

Les questions doivent rester précises et directement liées aux informations nécessaires pour préparer la réponse, sans dévoiler inutilement la stratégie commerciale ou technique de l’entreprise.

Consultez régulièrement la plateforme pour prendre connaissance des réponses communiquées aux candidats et des éventuelles modifications du dossier.

 Lorsque la plateforme le permet, téléchargez le DCE en étant identifié afin de recevoir plus facilement les notifications relatives aux modifications ou précisions apportées par l’acheteur.

Construire le mémoire technique à partir du DCE

Une fois l’analyse terminée, le DCE doit servir de base au mémoire technique.

Évitez de partir d’un document générique simplement adapté au nom de l’acheteur. La réponse doit d’abord être construite à partir des exigences particulières du marché et des critères d’évaluation indiqués dans le règlement de consultation.

Le mémoire doit expliquer concrètement comment l’entreprise exécutera les prestations demandées : organisation, méthodologie, moyens humains, moyens matériels, contrôles et solutions prévues pour respecter les contraintes du marché.

Lorsque l’acheteur fournit un cadre de mémoire technique, respectez la structure demandée sauf indication contraire.

Attention. Le mémoire technique ne doit pas simplement recopier ou reformuler le CCTP. Il doit expliquer la manière dont l’entreprise prévoit d’exécuter les prestations.

Contrôler l’offre financière

Avant le dépôt, confrontez l’offre financière aux pièces techniques et administratives du DCE.

Assurez-vous que toutes les prestations ont été prises en compte dans le BPU, la DPGF ou les autres documents financiers demandés.

Contrôlez les calculs ainsi que la cohérence des montants reportés d’un document à l’autre.

Lorsque des variantes sont autorisées ou exigées, examinez également les règles applicables à leur présentation et à leur chiffrage.

Sécuriser le dépôt de l’offre

La qualité technique et financière de la réponse ne compense pas un dépôt hors délai ou effectué selon des modalités non conformes à celles de la consultation.

Le contrôle final doit donc porter sur les formats de fichiers acceptés, les documents obligatoires et les règles de transmission prévues dans le règlement de consultation.

Évitez un dépôt dans les toutes dernières minutes. Une difficulté technique, un fichier trop volumineux ou un problème de connexion peut empêcher la transmission avant la date limite.

Après l’envoi, conservez l’accusé de réception électronique délivré par la plateforme.

Les principales références juridiques relatives au DCE

Article R2132-1 : définition des documents de la consultation

L’article R2132-1 précise que les documents de la consultation regroupent les documents fournis par l’acheteur ou auxquels il se réfère pour définir son besoin et décrire les modalités de la procédure de passation.

Les informations doivent être suffisamment précises pour permettre aux entreprises de comprendre le besoin et de décider si elles souhaitent participer.

Article R2132-2 : mise à disposition des documents

L’article R2132-2 du code de la commande publique prévoit la mise à disposition gratuite des documents de la consultation.

Pour les marchés concernés par les conditions prévues par cet article, cette mise à disposition intervient sur un profil d’acheteur.

L’avis d’appel à la concurrence ou, le cas échéant, l’invitation à confirmer l’intérêt indique l’adresse du profil d’acheteur permettant d’accéder aux documents.

Arrêté du 22 mars 2019 : modalités de mise à disposition

L’arrêté du 22 mars 2019 précise les modalités de mise à disposition des documents de la consultation et certaines règles relatives à la copie de sauvegarde.

L’accès aux documents doit être gratuit, complet, direct et sans restriction.

Lorsque certains fichiers sont trop volumineux pour être téléchargés depuis le profil d’acheteur, l’acheteur doit indiquer les moyens permettant de les obtenir gratuitement.

Les opérateurs économiques peuvent également communiquer leurs coordonnées afin de recevoir les modifications et précisions apportées aux documents de la consultation.

À quoi sert la copie de sauvegarde ?

La réglementation autorise, dans certaines conditions, la transmission d’une copie de sauvegarde de la candidature ou de l’offre.

Cette copie peut notamment être utilisée lorsqu’un programme informatique malveillant est détecté dans l’envoi électronique ou lorsque l’offre électronique ne peut pas être ouverte dans les conditions prévues par les textes.

Les modalités de transmission et d’ouverture sont précisées par l’arrêté du 22 mars 2019.

 Si vous envisagez une copie de sauvegarde, contrôlez les modalités prévues par la consultation ainsi que la réglementation applicable au moment du dépôt.

Les CCAG et les CCTG sont-ils toujours dans le DCE ?

Non. Les CCAG et les CCTG peuvent être rendus applicables au marché par simple référence sans être nécessairement joints au dossier de consultation.

L’article R2112-2 du code de la commande publique permet aux clauses du marché d’être déterminées par référence à ces documents généraux.

Le CCAG fixe les stipulations administratives générales applicables à une catégorie de marchés. Le CCTG fixe des stipulations techniques générales applicables à des prestations d’une même nature.

Lorsqu’un CCAP ou une autre pièce du marché renvoie à un CCAG ou à un CCTG, le candidat doit donc consulter ce document même s’il n’est pas directement présent dans le dossier téléchargé.

Les derniers contrôles avant de répondre

L’analyse du DCE ne consiste pas à examiner chaque pièce isolément. Les informations doivent être croisées entre le règlement de consultation, le CCTP, le CCAP, les documents financiers, les plans et les annexes.

Avant le dépôt, contrôlez en particulier la cohérence entre les exigences techniques, le mémoire technique et le chiffrage. Les éventuelles ambiguïtés doivent avoir été signalées suffisamment tôt pour laisser à l’acheteur le temps d’y répondre.

Cette lecture croisée du DCE aide l’entreprise à décider plus rationnellement si le marché lui convient et à construire une réponse technique, administrative et financière cohérente.

Formation mémoire technique (ou assistance)

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