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Variantes et commande publique
Les variantes permettent aux entreprises de proposer une solution différente de celle prévue dans les documents de la consultation. Elles peuvent constituer une alternative à l'offre de base et permettre à l'acheteur de retenir l'offre économiquement la plus avantageuse. Depuis le 28 mai 2026, les variantes sont autorisées par principe dans les procédures formalisées comme dans les procédures adaptées, sauf mention contraire dans les documents prévus par l'article L2151-2 du Code de la commande publique. L'acheteur peut aussi exiger une variante. Lorsqu'elles sont autorisées ou exigées, le dossier doit préciser les exigences minimales et les conditions particulières de présentation. Les variantes doivent être distinguées des PSE et des options.
Définition des variantes
Dans les marchés publics, une variante modifie une ou plusieurs spécifications de la solution décrite dans les documents de la consultation. Le candidat propose donc une réponse différente sur un point que le dossier permet de faire varier.
La variante peut concerner la solution technique, l'organisation de l'exécution, certaines performances ou d'autres caractéristiques de l'offre, dans les limites fixées par l'acheteur.
Le code de la commande publique ne donne pas une définition générale détaillée de la notion. La jurisprudence permet de distinguer la variante d'une simple précision apportée par le candidat sur la manière dont il exécutera les prestations.
Le Conseil d'Etat juge que les variantes correspondent à des modifications, à l'initiative des candidats, des spécifications prévues dans la solution de base. Les précisions demandées sur les moyens techniques d'exécution ne constituent pas, à elles seules, des variantes. (CE, 5 janv. 2011, n° 343206, Sté Technologie Alpine Sécurité).
Intérêt des variantes
Les variantes peuvent être utiles lorsque plusieurs solutions permettent de satisfaire le besoin de l'acheteur. Elles donnent à l'entreprise la possibilité de proposer une réponse qu'elle maîtrise mieux, une autre technologie, un autre procédé ou une organisation différente.
Elles peuvent aussi permettre à l'acheteur d'identifier une solution qu'il n'avait pas retenue dans son cahier des charges, sous réserve que cette solution respecte les exigences minimales et les règles de présentation fixées dans le dossier.
Pour l'entreprise, l'intérêt doit être apprécié avant de rédiger une seconde offre. Une variante demande du temps, un chiffrage cohérent et une présentation assez précise pour que l'acheteur puisse comprendre immédiatement ce qui change par rapport à la solution prévue.
Pour l'entreprise, la variante doit rester une offre construite et comparable. Elle doit répondre au besoin, respecter les limites imposées par le RC et le CCTP et permettre l'application des critères d'attribution.
Une variante intéressante sur le plan technique peut être écartée si elle ne respecte pas une exigence minimale, si elle est interdite ou si elle est présentée dans des conditions contraires aux documents de la consultation. Les principaux intérêts peuvent être les suivants :
- Proposer une solution technique ou organisationnelle différente lorsqu'elle répond mieux au besoin exprimé ou permet d'améliorer une performance attendue.
- Faire bénéficier l'acheteur d'une technologie, d'un procédé, d'une méthode d'exécution ou d'une organisation qu'il n'avait pas envisagés lors de la rédaction du cahier des charges.
- Permettre à l'entreprise de valoriser une solution qu'elle maîtrise, à condition que la variante respecte les exigences minimales et puisse être évaluée avec les critères d'attribution annoncés.
- Donner à l'acheteur une marge de choix entre plusieurs solutions répondant à son besoin, lorsque les documents de la consultation permettent cette comparaison.
- Favoriser des propositions différentes sur les performances, les procédés ou l'organisation sans modifier les exigences que l'acheteur a déclarées minimales.
Différences entre variante et PSE
Les variantes sont des solutions qui modifient certaines spécifications de la solution prévue dans le dossier. Elles peuvent être proposées par les soumissionnaires lorsqu'elles sont autorisées ou être exigées par l'acheteur. Leur analyse doit pouvoir être effectuée avec les critères d'attribution applicables aux offres de base. L'article R.2152-7 précise que les critères retenus doivent pouvoir être appliqués aux variantes comme aux offres de base.
Les PSE sont des prestations supplémentaires définies par l'acheteur. Elles s'ajoutent à l'offre de base et ne modifient pas sa solution de la même manière qu'une variante. Leur traitement dépend de ce que prévoient les documents de la consultation. Lorsque la PSE est imposée, son absence peut rendre l'offre irrégulière et son incidence doit être prise en compte selon les modalités de comparaison annoncées. Lorsqu'elle est facultative, elle ne doit pas fausser le classement des offres de base. Le choix de retenir ou non une PSE intervient avant la signature du marché.
Choix de l'offre économiquement la plus avantageuse
Lorsqu'une variante peut être retenue, l'acheteur doit être en mesure de comparer les solutions admises et de déterminer l'offre économiquement la plus avantageuse selon les critères d'attribution annoncés. Le caractère différent de la solution proposée ne permet pas d'utiliser pour la variante des critères qui n'auraient pas été portés à la connaissance des candidats.
L'article R2152-7 du Code de la commande publique prévoit que les critères d'attribution doivent pouvoir être appliqués tant aux variantes qu'aux offres de base. Pour les consultations engagées ou les avis envoyés à la publication à compter du 21 août 2026, cet article impose en outre la prise en compte des caractéristiques environnementales de l'offre dans les conditions qu'il fixe. Une page consacrée aux variantes doit donc éviter de résumer les critères à la seule combinaison du prix et de la valeur technique.
L'acheteur analyse les offres régulières, acceptables et appropriées selon les critères prévus par les documents de la consultation. Une variante ne bénéficie d'aucun régime de faveur du seul fait qu'elle est innovante ou différente. Elle doit fournir les éléments nécessaires à son évaluation et rester conforme aux exigences minimales. Pour l'entreprise, il faut donc expliquer précisément les différences avec la solution de base, leurs conséquences sur le prix, les performances, les délais et l'exécution lorsque ces éléments sont concernés.
Une offre de base n'est pas automatiquement exigée en complément d'une variante. Le Conseil d'Etat a jugé, dans une décision du 20 septembre 2019, n° 421317, que la réglementation alors applicable n'imposait pas, par elle-même, la présentation d'une offre de base avec une variante, tout en admettant que le règlement de la consultation puisse prévoir cette obligation.
En pratique, l'entreprise doit vérifier le RC avant de décider de remettre seulement une variante ou une offre de base accompagnée d'une variante.
A la signature du marché, les documents contractuels doivent permettre d'identifier sans ambiguïté la solution retenue. Lorsque l'offre attributaire correspond à une variante, les pièces du marché doivent donc refléter la solution effectivement acceptée et ses caractéristiques.
Possibilité d'autoriser ou non la présentation de variantes par les entreprises
Le régime a été modifié par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique. Depuis le 28 mai 2026, l'article L.2151-2 du Code de la commande publique pose un principe commun. Dans les procédures formalisées, les variantes sont autorisées sauf mention contraire dans l'avis de marché ou dans l'invitation à confirmer l'intérêt. Dans les procédures adaptées, elles sont autorisées sauf mention contraire dans les documents de la consultation.
L'autorisation de présenter des variantes depuis le 28 mai 2026
Pour les procédures formalisées
Les variantes sont désormais autorisées par principe, sauf mention contraire dans l'avis de marché ou dans l'invitation à confirmer l'intérêt. Cette règle résulte de l'article L.2151-2. L'article R.2151-8 reste, à la date de cette mise à jour, affiché sur Légifrance dans sa rédaction de 2019, qui distingue encore les pouvoirs adjudicateurs et les entités adjudicatrices. Cette rédaction réglementaire n'a pas été mise en cohérence avec le nouvel article législatif. Sur le point devenu incompatible, la règle posée par l'article L.2151-2 doit être appliquée.
Pour les procédures adaptées
Les variantes sont autorisées sauf mention contraire dans les documents de la consultation. Sur ce point, le nouvel article L.2151-2 reprend le principe qui figurait déjà à l'article R.2151-8. L'entreprise doit donc rechercher dans le RC et, le cas échéant, dans les autres documents de la consultation, si l'acheteur a interdit les variantes ou a prévu des règles particulières pour leur présentation.
Possibilité d'exiger la présentation de variantes
L'acheteur peut exiger la présentation de variantes. Il doit alors l'indiquer dans l'avis d'appel à la concurrence, dans l'invitation à confirmer l'intérêt ou, en l'absence de ces documents, dans les documents de la consultation, conformément à l'article R.2151-9. Pour l'entreprise, une variante exigée devient une exigence de la consultation. Son absence peut rendre l'offre irrégulière lorsque les documents imposent sa remise.
Exigences minimales et modalités de présentation
Lorsque les variantes sont autorisées ou exigées, l'acheteur mentionne dans les documents de la consultation les exigences minimales qu'elles doivent respecter ainsi que toute condition particulière de leur présentation. Cette obligation résulte de l'article R.2151-10. L'entreprise doit donc identifier, avant de construire sa variante, les éléments qui peuvent être modifiés et ceux qui doivent rester conformes aux prescriptions minimales.
Exigences minimales que ces variantes devront respecter
Les exigences minimales définissent les limites que la variante ne peut pas franchir. Elles permettent à l'acheteur de laisser une marge de proposition aux entreprises tout en maintenant les caractéristiques indispensables à la satisfaction de son besoin. Une variante qui méconnaît une exigence minimale ne répond pas aux conditions fixées pour les variantes et s'expose à être rejetée.
Dans un marché de fournitures, les exigences minimales peuvent par exemple porter sur des dimensions, une capacité, un niveau de performance, une compatibilité ou une norme à respecter. Dans un marché de travaux, elles peuvent porter sur des performances, des contraintes d'implantation ou des caractéristiques fonctionnelles que la solution alternative ne peut pas remettre en cause.
Les exigences minimales doivent être recherchées dans l'ensemble des documents concernés. Une entreprise ne doit pas déduire de la seule autorisation des variantes qu'elle peut modifier librement le CCTP. Le RC peut autoriser les variantes tout en imposant le maintien de certaines prescriptions techniques, de délais, de performances ou de modalités d'exécution.
Avant de déposer une variante, il est utile de comparer ligne par ligne la solution proposée avec les prescriptions de la solution de base et les exigences minimales. Ce contrôle permet d'identifier ce qui change, ce qui reste inchangé et les conséquences éventuelles sur le prix, les délais, les performances ou les documents financiers.
Modalités de présentation des variantes précisées dans le dossier de consultation
L'acheteur doit définir les conditions particulières de présentation des variantes. Le dossier peut notamment préciser le nombre de variantes admises, les documents à remettre, la manière d'identifier les modifications apportées à la solution de base ou l'obligation de présenter une offre de base. La décision du Conseil d'Etat du 20 septembre 2019, n° 421317, confirme que l'acheteur peut imposer la remise d'une offre de base avec la variante. L'entreprise doit donc suivre le RC et ne pas appliquer une règle générale supposée.
Une présentation séparée et lisible facilite l'analyse. Lorsque le RC demande un descriptif, un chiffrage particulier, une DPGF, un BPU ou un document technique distinct pour la variante, ces modalités doivent être respectées. La variante doit permettre à l'acheteur d'identifier précisément les modifications proposées et d'appliquer les critères d'attribution sans reconstituer lui-même le contenu de l'offre. Un tableau de correspondance entre les exigences du dossier et la solution variantée peut être utile lorsque le RC l'autorise. Il permet de vérifier que chaque modification est identifiée et que les prescriptions qui restent obligatoires sont respectées. Il faut aussi contrôler la cohérence entre le mémoire technique, l'acte d'engagement et les pièces financières afin d'éviter qu'une même prestation soit décrite différemment selon les documents.
Pas de rejet au motif d'une transformation de la nature en marchés de fournitures et services
Pour les marchés de fournitures ou de services, une variante ne peut être rejetée au seul motif qu'elle conduirait, si elle était retenue, à un marché de services au lieu d'un marché de fournitures ou à un marché de fournitures au lieu d'un marché de services. Cette règle figure à l'article R.2151-11. Elle ne dispense pas la variante de respecter les exigences minimales, les conditions de présentation et les autres règles de la consultation.
Dispositions du Code de la commande publique
Sous-section 3 : Variantes (art. R2151-8 à art. R2151-11)
Article R2151-8
Les acheteurs peuvent autoriser la présentation de variantes dans les conditions suivantes :
1° Pour les marchés passés selon une procédure formalisée :
a) Lorsque le marché est passé par un pouvoir adjudicateur, les variantes sont interdites sauf mention contraire dans l’avis de marché ou dans l’invitation à confirmer l’intérêt ;
b) Lorsque le marché est passé par une entité adjudicatrice, les variantes sont autorisées sauf mention contraire dans l’avis de marché ou dans l’invitation à confirmer l’intérêt ;
2° Pour les marchés passés selon une procédure adaptée, les variantes sont autorisées sauf mention contraire dans les documents de la consultation.
Article R2151-9
L’acheteur peut exiger la présentation de variantes. Dans ce cas, il l’indique dans l’avis d’appel à la concurrence, dans l’invitation à confirmer l’intérêt ou, en l’absence d’un tel avis ou d’une telle invitation, dans les documents de la consultation.
Article R2151-10
Lorsque l’acheteur autorise ou exige la présentation de variantes, il mentionne dans les documents de la consultation les exigences minimales que les variantes doivent respecter ainsi que toute condition particulière de leur présentation.
Article R2151-11
Pour les marchés de fournitures ou de services, une variante ne peut être rejetée au seul motif qu’elle aboutirait, si elle était retenue, à un marché de services au lieu d’un marché de fournitures ou à un marché de fournitures au lieu d’un marché de services.
Variantes (Fiche DAJ 2019 - Examen des offres)
3.3.1.1. Les variantes
Classiquement, les variantes constituent « des modifications, à l’initiative des candidats, de spécifications prévues dans la solution de base décrite dans les documents de la consultation » (73).
La réforme des règles relatives aux marchés publics a introduit la notion de « variante imposée » dans les marchés publics autres que ceux de défense ou de sécurité (74). Il s’agit, pour l’acheteur, d’imposer aux opérateurs économiques la présentation d’une variante (article R2151-9 du code de la commande publique). Rien ne lui interdit alors de définir précisément la variante attendue (par exemple un circuit alternatif de la conduite d’évacuation des eaux à installer).
Le régime des variantes est différent selon qu’il s’agit d’un marché ou d’un marché de défense ou de sécurité :
- dans les marchés publics autres que de défense ou de sécurité passés par un pouvoir adjudicateur, pour les marchés publics passés selon une procédure formalisée, les variantes sont interdites, sauf mention contraire dans l’avis de marché ou dans l’invitation à confirmer l’intérêt. Pour les marchés publics passés en procédure adaptée, les variantes sont autorisées sauf mention contraire dans l’avis de marché ou dans l’invitation à confirmer l’intérêt ;
- dans les marchés publics autres que de défense ou de sécurité passés par une entité adjudicatrice, que le marché public soit passé selon une procédure formalisée ou une procédure adaptée, les variantes sont autorisées par principe, sauf mention contraire dans les documents de la consultation ;
- dans les marchés publics de défense ou de sécurité, s’il s’agit d’une procédure formalisée, les variantes sont interdites, sauf mention contraire dans l’avis d’appel à la concurrence. S’il s’agit d’un marché public passé selon une procédure adaptée, les variantes sont, par principe, autorisées, sauf mention contraire dans les documents de la consultation (75).
Attention, le fait d’autoriser la présentation de variante, expressément ou implicitement, n’exige plus, dans les marchés publics soumis au code de la commande publique, pour les marchés autres que de défense ou de sécurité, de prévoir une pluralité de critères (76). À l’inverse, dans les marchés publics de défense ou de sécurité, il est impossible d’autoriser les variantes, expressément ou implicitement, lorsque le critère unique du prix est utilisé (77).
Les variantes permettent aux soumissionnaires de proposer à l’acheteur une solution ou des moyens, autres que ceux fixés dans le cahier des charges ou, plus généralement dans les documents de la consultation, pour effectuer les prestations du marché public. Il peut, par exemple, s’agir d’une solution différente de celle prévue par l’acheteur, innovante le cas échéant, ou de moyens inconnus de l’acheteur, qui permettent au candidat de remettre une offre moins chère ou techniquement supérieure. Elles permettent ainsi de ne pas figer les modalités de réalisation des projets complexes, dès le stade de la consultation. Elles peuvent, aussi, consister en un aménagement des conditions financières du marché public (78).
L’acheteur aura donc tout intérêt, notamment dans les domaines techniques ou à évolution rapide, à autoriser les variantes. Cela évite d’imposer des solutions routinières, favorisant ainsi l’accès des entreprises innovantes ou de nouvelles entreprises aux marchés publics. Ce dispositif est particulièrement favorable aux petites et moyennes entreprises.
Toutefois, l’acheteur doit veiller à ce que les variantes proposées ne portent pas sur des éléments du cahier des charges identifiés par lui comme ne pouvant pas faire l’objet d’une variante et ne remettent pas en cause le projet de base (79). Il convient de noter, à ce propos, que lorsque l’acheteur autorise expressément la présentation de variante mais également, pour les marchés publics autres que de défense ou de sécurité, lorsqu’il exige la présentation de variantes, il a l’obligation de déterminer les exigences minimales que les variantes doivent respecter ainsi que toutes les conditions particulières de leur présentation (80). L’absence de précision permettant de déterminer les caractéristiques minimales que les variantes doivent respecter est susceptible d’entacher la validité du marché (81). Cette obligation ne s’impose pas lorsque le dépôt de variante est implicitement autorisé. Toutefois, il est conseillé aux acheteurs de prendre cette précaution y compris lorsque cela n’est pas imposé par la réglementation, dès lors qu’existent des éléments sur lesquels l’acheteur tient à ce qu’il n’y ait pas de variante proposée.
Toute proposition de variante qui ne respecte pas les exigences minimales et les exigences de leur présentation constitue une offre irrégulière (82) qui, sauf à ce qu’il soit possible de la régulariser (83), doit être rejetée. Quant aux propositions de variantes qui remettraient en cause le projet de base, elles constituent des offres inappropriées qui ne peuvent qu’être rejetées (84).
Il est possible de présenter une offre variante sans que celle-ci accompagne nécessairement une offre de base. Cette mesure permet aux acheteurs de favoriser l’accès des PME, notamment innovantes, qui n’ont pas nécessairement la capacité de proposer une offre de base, alors qu’elles peuvent proposer des solutions alternatives tout autant adaptées au besoin. Toutefois, l’acheteur a toujours la possibilité d’exiger, dans les documents de la consultation, qu’une offre de base accompagne la ou les variantes.
L’acheteur peut également demander aux soumissionnaires qui présenteraient des offres de préciser sur quels éléments du cahier des charges porte la variante. Cette précaution est conseillée lorsque le dépôt d’une offre de base ne conditionne pas la recevabilité de la variante, l’analyse étant alors simplifiée.
Si l’acheteur décide de limiter le nombre de variantes autorisées, le dépôt d’un nombre supérieur rend toutes les variantes irrégulières et doit conduire à leur rejet en bloc, sans qu’il soit procédé à leur examen (85). En effet, il n’appartient pas à l’acheteur de se substituer au candidat pour déterminer, parmi toutes les variantes proposées, celles qui devraient être retenues ou écartées, afin de se conformer au nombre maximal des variantes autorisées. Toutefois, s’il décide d’autoriser la régularisation, l’acheteur peut demander à l’opérateur économique concerné de décider quelle est la ou les variantes à éliminer.
Qu’elle soit imposée ou simplement autorisée, la variante se caractérise par deux éléments :
- si elle est retenue, la variante se substitue à la solution de base décrite dans les documents de la consultation, dans ses éléments qui en diffèrent ;
- le choix de retenir une variante ne découle que de l’application des critères d’attribution qui permette de considérer qu’elle est économiquement la plus avantageuse parmi l’ensemble des offres de base et des variantes présentées.
[...]
3.3.2.1. L’analyse des variantes
Les offres de base et les variantes, qu’elles soient imposées ou autorisées, sont jugées en une seule fois sur la base des mêmes critères et selon les mêmes modalités, définis dans les documents de la consultation.
L’acheteur doit donc attacher la plus grande attention à la définition des critères de choix de l’offre. Il veillera ainsi à définir des critères et des modalités de jugement des offres qui lui permettent de tenir compte des avantages attendus de l’ouverture aux variantes. Afin de pouvoir apprécier les variantes par rapport à ces critères, il est conseillé aux acheteurs de déterminer, dans les documents de la consultation, non seulement les documents à produire au titre de la solution de base, mais également les pièces nécessaires à l’appréciation de l’intérêt des variantes.
C’est l’offre qui est identifiée comme économiquement la plus avantageuse qui est retenue, qu’elle corresponde à une offre de base ou à une variante.
Lors de la signature du marché public, l’acheteur veillera à bien identifier l’offre choisie, en précisant notamment, s’il retient la variante, et, le cas échéant, laquelle, ou l’offre de base.
68 CE, 2 août 2011, SIVOA, n° 348711.
69 Rép. min. du 1er mars 2007 n° 21278, JO Sénat, p.457.
70 TA de Grenoble, 7 janvier 2005, Société PH, n° 0406616.
71 Article R2152-7 du code de la commande publique.
72 CE, 23 juin 2010, Commune de Chatel, n° 336910.
73 CE, 5 janvier 2011, Sté technologie alpine sécurité et commune de Bonneval-sur-Arc, n° 343206 et 343214.
74 La directive 2009/81/CE ne prévoit pas les « variantes imposées ».
75 article R2351-8 du code de la commande publique.
76 articles R2151-8 à R2151-11 du code de la commande publique.
77 article R2351-8 du code de la commande publique
78 Par exemple, un prix dégressif à partir du moment où le minimum du marché a été atteint (CE, 8 mars 1996, M. Pelte, n° 133198) ou un prix réduit si le pouvoir adjudicateur s’engage à respecter un délai de paiement plus court que le délai maximal prévu par la réglementation.
79 Par exemple, proposer la construction d’un catamaran alors que la mise en concurrence portait sur celle d’un monocoque : CE, 28 juillet 1999, Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération et Société Océa, n° 186051 et 186219.
80 articles R2151-10 et R2351-9 du code de la commande publique.
81 CAA Nancy, 15 novembre 2016, n° 15NC02087
82 Elle est irrégulière parce qu’elle ne respecte pas les exigences formulées dans les documents de la consultation.
83 Ce qui dépend de l’ampleur des modifications à apporter à l’offre. Ainsi, le défaut de mémoire technique présentant l’intérêt de la variante par rapport à l’offre de base, alors qu’il était exigé par l’acheteur, ne peut être régularisé car il s’agirait d’une modification substantielle de l’offre.
84 En effet, il s’agit d’une offre qui n’est manifestement pas en mesure, sans modification substantielle, de répondre au besoin et aux exigences de l’acheteur formulés dans les documents de la consultation.
85 CAA Versailles, 22 octobre 2015, n° 14VE00258.

